Parole de lauréat(e)s – 3 – Annick Demouzon

11 02 2018

 

La Noiraude a été invitée à participer au dossier « La nouvelle française : même pas morte ! » du numéro 129 de la revue « 813 ». Un « tableau d’honneur » d’ex lauréa-t-es du concours co-organisé avec Noir sur la Ville, qui se sont vu édité-e-s par la suite, a été réalisé à cette occasion. C’était donc le moment de leur poser quelques questions et revenir sur leurs expériences respectives.

 

Après Anne-Céline Dartevel, voici les réponses d’Annick Demouzon, lauréate en 2010 pour sa nouvelle « La Marguerite » publiée dans le recueil « Y’a pas de sots métiers ».

 

1 – Au moment de votre publication dans le recueil La Noiraude / Noir sur la Ville, où en étiez vous, dans votre activité d’écriture ?
J’ai toujours écrit. Depuis l’enfance. Et même avant de savoir écrire. (Si, si.). Des livres illustrés que je racontais à tous ceux qui passaient. Mais lorsque j’ai enfin « écrit » pour de bon, je n’ai jamais trop cherché à me faire lire, encore moins à me faire éditer. Si ce n’est l’exception — sur l’ordre exprès de mes amis — d’un recueil de poésie, Sur le chemin de l’oiseau-feuille, publié par les éditions Saint Germain des prés quand j’étais encore jeunaude. Ce n’est qu’en 2005 que, poussée (très fort) par mes deux fils, qui ne me laissaient pas d’autre choix, j’ai pris le risque d’être lue et ai présenté quelques-unes de mes nouvelles à des concours. Sans y croire. Aussi quelle surprise lorsque j’ai été lauréate à 50% d’entre eux ! J’en étais baba, mais ça m’a donné confiance, j’ai eu envie de continuer.
Au moment de la parution de ma nouvelle La Marguerite dans recueil Y’a pas de sot métiers, en 2011, puis, quelques mois plus tard de mes deux recueils, Virages dangereux (Le bas vénitien) et À l’ombre des grands bois (Le Rocher) — qui a reçu le convoité Prix Prométhée de la nouvelle —, cela faisait six ans déjà que j’affrontais les jurys de nouvelles. Avec d’appréciables succès, je peux le dire, qui m’ont fait oser l’édition. Mais ma première participation a un prix « polar »ne date que de 2007 (pour le prix de la RTBF) avec une nouvelle plus noire que polar (« pas tout à fait polar, m’a-t-on dit, mais bien noire »). Ce qui lui a valu « seulement » une mention (à cause du « pas tout à fait polar »), mais qui m’a encouragée à continuer dans cette voie. Plutôt noire que polar… Le noir convient très bien à la nouvelle, je trouve. J’y ai récolté assez facilement des prix.

2 – Aviez-vous une volonté ferme d’écrire du Noir ? Ou du policier ? Ou peu vous importait alors le genre des nouvelles attendues pour les concours en général ?
Au départ, aucune volonté ferme de quoi que ce soit. Pour moi, passer au polar a plutôt été un défi (et si tu essayais ?), une gageure. Histoire de changer. Je n’en ai donc pas fait non plus une règle, parce que j’aime ne pas faire toujours la même chose et que je préfère goûter un peu à tout. Provoquer parfois aussi, ou déranger, aller là où on ne m’attend pas. Une fois, par exemple, j’ai envoyé à un concours généraliste une nouvelle si noire que je savais que ça ne passerait pas (il y a des femmes dans les jurys). Et ce n’est pas passé. Mais grâce à ce concours, j’ai écrit, cette nouvelle que je n’aurais pas écrite sinon et qui a rejoint le recueil Virages dangereux.

3 – Ce concours, comme beaucoup d’autres, est à thème : une contrainte pour vous ?
Oui c’était une contrainte. Une délicieuse contrainte. J’adorais ça. Les contraintes me stimulent. Je détestais les concours sans thème et ne savais quoi leur envoyer, ça me prenait un temps pour choisir — et pique et pique et colégram — donc y participais peu, mais plus le thème était tordu (voire vicieux), plus je me régalais. Je me rajoutais même des contraintes supplémentaires. Par exemple : faire entrer cette nouvelle non seulement dans le thème du concours, mais aussi dans un des thèmes choisis pour mes recueils en construction, ou prévoir de le proposer à deux concours différents au même moment, tout en respectant chacun des deux thèmes. C’était très amusant et riche de tant de possibles. C’est de la contrainte que nous viennent toutes sortes d’idées que, sinon, nous n’aurions pas eues.
J’avoue que je regrette beaucoup de ne plus trop pouvoir participer aux concours. Par manque de temps certes (être publié réclame beaucoup de temps… avant et … après la parution : fabriquer les manuscrits, trouver un éditeur, puis défendre et faire connaître le livre), mais aussi, peut-être plus encore, parce que je suis « interdite » à pas mal de concours, parmi les meilleurs, pour cause de publication antérieure ou pour y avoir été déjà lauréate… Pourtant, j’aimais vraiment cela : pour la contrainte du thème, d’une part, et pour les rencontres dont les remises de prix étaient l’occasion.
La période des concours a été une des plus belles périodes de ma vie, je dois le dire. Et celui organisé par la Noiraude, un des plus sympas.

4 – Ce concours a-t-il déclenché des envies plus grandes d’écriture chez vous, ou non ?
Non. Le mal était déjà fait, mais il m’a donné davantage envie d’être publiée et lue et, surtout, j’ai adoré dédicacer en groupe sur cette grande table couverte de peaux de vaches (ou quasi, en tout cas, dans mon souvenir). J’en ai gardé une grande nostalgie. C’est nettement plus rigolo que de dédicacer seule dans son coin. Ah, ces moments où, les uns après les autres, nous prenions connaissance de la dédicace de celui qui avait signé avant nous, pour voir comment nous allions pouvoir lui « répondre » tout en nous adressant — c’est la règle — au dédicataire. C’était une belle contrainte ça aussi. Et ça reste un très bon souvenir de concours.

5 – Avez-vous tout de suite essayé de vous lancer dans un roman … si ce n’était pas déjà le cas auparavant…
J’écrivais déjà, en parallèle aux nouvelles, un roman. En fait, il y en a eu plusieurs, tous malchanceux, dont aucun, pour l’instant, n’a vu le jour. Scénario à répétition : ils devaient être publiés, c’était presque fait et puis, crac, au dernier moment, un revers (j’ai pensé « une couille » qui est plus dans le sens, mais je n’ose pas l’écrire, ce n’est pas comme cela qu’on s’exprime quand on est polie). Exemple, du genre le plus désagréable : la maison d’édition fermée juste au moment de l’envoi du manuscrit (revu et prêt) à l’imprimeur… Après ça, difficile de continuer d’y croire. Le manuscrit a rejoint, comme les autres, ce grand tiroir imaginaire où pourrissent tant de manuscrits inexploités de par le monde.
Un truc comme ça, ça vous coupe les ailes.

6 – Continuez-vous à écrire des nouvelles ? Pourquoi ou pourquoi pas (ah ah!)
Quelle est cette allusion perfide, Frédéric Monsieur le Président ? Est-ce qu’on penserait ou suggérerait dans sa petite tête que la nouvelle est inférieure au roman ? Et qu’il y aurait quelque chose de honteux à s’y adonner malgré tout, quelque chose d’inavouable ? Tout juste bon à occuper les jurés des concours.
Je n’entrerai pas dans ce débat rabâché, mais je pense ET DIS TRÈS HAUT qu’il y a de la place pour toutes les formes de cet art qu’est l’écriture. La nouvelle est une forme comme le roman, la poésie et le théâtre en sont d’autres. Mais un délice d’orfèvre, une broderie fait main, un travail d’artisan. On peut la peaufiner, oser aussi, le dérangeant, sans avoir peur d’user le lecteur, innover, bousculer. Grâce à sa longueur justement : il n’y en a pas, ça évite l’ennui. Mais, malgré tout, pas si facile, la nouvelle, pour celui qui l’écrit, et tout le plaisir est là. L’écrire est jouissance. La nouvelle, il faut l’aimer pour qu’elle nous aime, mais quand elle nous aime… Certains romanciers de renom ont bien tenté de s’y frotter. Sans forcément de succès. Le renom ne suffit pas. Parce que ce n’est pas seulement un texte d’apprentissage, comme le pensent certains, elle est un genre. À part entière. Le plus dur, et le moins drôle, dans la nouvelle, reste, de loin, de (tenter de) se faire éditer.

Et vous pouvez rajouter ce que vous voulez pour votre défense…
Noir, polar, fantastique ou nouvelle dite « littéraire », on devrait redonner davantage de place à la nouvelle en France. On — un « pronom malhonnête », tout le monde le sait — dit que « ça vient », mais ça fait des années que j’entends ça et rien ne change, et rien ne vient. Interviewez les éditeurs (pas en public, ils ne seraient pas francs, mais en privé ou au téléphone) : « Oh non, encore de la nouvelle : mais ça ne se vend pas ! » Eh si, tu la mettais un peu en vue, la nouvelle, Toto, elle se vendrait davantage.
Je pourrais ajouter ici l’histoire de ces huit exemplaires de Virages dangereux restés sur l’étagère du libraire par la faute du distributeur, suite à une dédicace où je n’étais plus, et qui sont partis très vite tout seuls, sans que personne n’aient rien fait pour les y aider… (Soupir rêveur.)
S’il n’y avait pas les concours pour faire vivre un peu la nouvelle…
Et, en ce moment, je suis en plein dans ce sujet : nouvelle ou pas nouvelle. Non seulement, j’ai lâché depuis peu un recueil à la recherche d’un éditeur valeureux ou inconscient, mais je cherche aussi à faire rééditer VirageS Dangereux, « édition revue et augmentée », comme on dit. Noir mais pas vraiment polar. Je viens juste d’en boucler la relecture (qui a été longue parce que je n’aime pas bâcler), d’imprimer les manuscrits, malgré la mauvaise volonté de ma (vieille, trop vieille) imprimante qu’il va falloir remplacer et, maintenant, faut que j’envoie… mais où ? à qui ? Au casse-pipe, Toto.
Il faut être fou (ou folle) pour écrire de la nouvelle. Je les entends, je les vois : « Oh zut, de la nouvelle » et même pas du genre revue pour femme, Amour et Aventure ou de ces nouvelles mignonnes et anodines que semblent affectionner certains : aussitôt lues, aussitôt oubliées, au moins ça ne fait peur à personne.
Ça va être dur je le sens. Mais quand on a pris le virus… Il faut me comprendre, Monsieur le Président.

Annick Demouzon - Virages dangereux

 

Depuis la publication de « Y’a pas de sots métiers », Annick Demouzon a publié « Virages dangereux », édition Bas vénitien, 2011.

 

Prochaine parole de lauréate => Léo Lamarche

Justine Richecoeur pour La Noiraude

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Parole de lauréat(e)s – 2 – Anne-Céline Dartevel

6 02 2018

 

La Noiraude a été invitée à participer au dossier « La nouvelle française : même pas morte ! » du numéro 129 de la revue « 813 ». Un « tableau d’honneur » d’ex lauréa-t-es du concours co-organisé avec Noir sur la Ville, qui se sont vu édité-e-s par la suite, a été réalisé à cette occasion. C’était donc le moment de leur poser quelques questions et revenir sur leurs expériences respectives.

 

Après Dominique Chappey, voici les réponses d’Anne-Céline Dartevel, lauréate en 2012 pour sa nouvelle « Suicide blonde » publiée dans le recueil « Blonde(s) ».

 

1 – Au moment de votre publication dans le recueil La Noiraude / Noir sur la Ville, où en étiez vous, dans votre activité d’écriture ?
Chère Noiraude, au moment de la publication de Blonde(s) en novembre 2012, je venais de rater de peu le Goncourt de la nouvelle… je participais à des concours de nouvelles depuis environ deux ans. Une de mes nouvelles avait été plébiscitée distinguée l’année d’avant dans un autre concours, celui des Noires de Pau (auquel, soit dit en passant, le copain Chappey avait également participé avec – of course ! – le succès que l’on devine) et j’avais à ce titre été invitée au festival un « Aller Retour dans le noir ». C’était une période plutôt faste côté écriture (merci à la CAF et son congé parental d’éducation !) et je concourrais à tout va.

[Concernant le festival susnommé, il n’est certes pas aussi sensationnel – époustouflant me suggère le Crisco – que « Lamballe », moins doté côté crêpes, je le reconnais… Sauf que les crêpes, c’est tout plein de beurre et puis, n’en déplaise aux copains bretons : le Sud-Ouest à l’automne est quand même un tantinet plus ensoleillé !].

2 – Aviez-vous une volonté ferme d’écrire du Noir ? Ou du policier ? Ou peu vous importait alors le genre des nouvelles attendues pour les concours en général ?
Au départ… non (concernant le choix du Noir), et le premier concours de nouvelles auquel je me suis frottée avait trait au cinéma. Un geste en entraînant un autre et grâce au site – aujourd’hui défunt, paix à son âme – Bonnes nouvelles.com, j’ai découvert – tout ébaubie ! – qu’il y a avait pléthore de concours de textes courts dans notre beau pays, dont un certain nombre dédié au genre Noir (ou policier). J’ajoute que le « plus » des concours de nouvelles « noires » c’est qu’ils s’accompagnent souvent d’une invitation à un festival… sous réserve, évidemment, de faire partie des heureux élus !
Comme mes textes semblaient remporter un certain succès dans ce type de concours (et moins dans les autres, un soupçon d’honnêteté m’impose de le reconnaître), j’ai fini par donner l’exclusive et l’avantage aux concours de nouvelles noires (ou policières).
Chemin faisant, je me suis même mise à lire du Noir et, encore plus dingue … des nouvelles !

3 – Ce concours, comme beaucoup d’autres, est à thème : une contrainte pour vous ?
Oui, c’était une contrainte… et c’était justement extra d’en avoir des contraintes, qu’elles soient liées au thème, au nombre de caractères, à une date butoir…
Écrire à partir d’un thème imposé, c’est ce qui fait justement tout le sel des concours de nouvelles. Ça fait partie du jeu. (Je ne sais pas si l’écriture « en général » est ludique mais celle des textes courts l’est assurément). « Noir comme gourmandise », « Blonde », « Derrière la porte », « Silence on tourne », « Quand la ville dort »… autant de mots et de phrases qui titillent, dopent, aiguisent l’imagination ! Bref, tu l’auras compris Noiraude, la contrainte est un moteur.

[Aparté : j’avoue qu’à un moment j’ai même eu peur de ne pas être capable d’écrire, de ne pas trouver l’inspiration sans thème imposé.]

4 – Ce concours a-t-il déclenché des envies plus grandes d’écriture chez vous, ou non ?
Oui, je le confesse.
Même que, aveu n°2, j’avais particulièrement à cœur de « remporter » Noir sur la ville (dit comme ça, on dirait un pur-sang qatari qui cause concours hippique) parce que parmi les lauréats précédents figuraient Magali Duru, Emmanuelle Urien, Françoise Guérin… passées entre temps du côté des « pro » !

[Et c’est aussi à Lamballe qu’un certain Marc V. m’a lancé, taquin : – « tu ne vas quand même pas faire des concours de nouvelles toute ta vie !? »].

5 – Avez-vous tout de suite essayé de vous lancer dans un roman … si ce n’était pas déjà le cas auparavant…
Je suis pour ma part passée de la nouvelle à la novella, ça faisait une distance moins longue à franchir… Lorsque Marc Villard m’a parlé de la collection Polaroid qu’il avait créée chez In8 et de la possibilité d’y éditer un de mes textes (et c’était, ô heureux hasards de la vie, quelques mois à peine après la session 2012 de Noir sur la Ville), le nombre de signes attendu (autour des 80 000 ) me paraissait très très loin de portée. Passer du format de la nouvelle à celui de la novella, ce n’était pas gagné d’avance et d’ailleurs… ce n’était pas gagné d’avance.

6 – Continuez-vous à écrire des nouvelles ? Pourquoi ou pourquoi pas (ah ah!)
Yes, I do. Parce qu’il y a, je le répète, un côté ludique dans l’écriture de nouvelles… et aussi parce que ça va plus vite ! [… dit la mère de famille débordée et légèrement tendue du string].
Une nouvelle peut partir d’un mot, d’une photo, d’une chanson… On n’a pas / moins besoin de se « prendre la tête » pour des questions de construction, scénario, cohérence… On peut « juste » jouer avec les mots, relire, réécrire son texte cent fois sans y passer cinq ans.
Et justement, quand on a peu de temps pour écrire (manque de temps associé, avouons-le tout de go, à une certaine lenteur au démarrage) et qu’il y a des plages parfois très longues entre deux phases d’écriture (ce qui ne veut pas forcément dire qu’on est allés à la plage, hein…), il peut s’avérer compliqué, laborieux, fatiguant, peu amusant, voire pas très aboutissant… d’écrire du « long ».

[Ajoutons que la rédaction de listes de courses aux dos d’enveloppes usagées et / ou sur des post-it colorés est actuellement un genre où j’excelle. Ecriture du présent, écriture éphémère… en un mot : résolument moderne !].

 

Anne-Céline Dartevel - Pop fiction

 

Depuis la publication de « Blonde(s) », Anne-Céline Dartevel a publié « Pop fiction », édition In-8, 2016 – (Collection Polaroid).

 

Prochaine parole de lauréate => Annick Demouzon

Justine Richecoeur pour La Noiraude





Parole de lauréat(e)s – 1 – Dominique Chappey

1 02 2018

La Noiraude a été invitée à participer au dossier « La nouvelle française : même pas morte ! » du numéro 129 de la revue « 813 ». Un « tableau d’honneur » d’ex lauréa-t-es du concours co-organisé avec Noir sur la Ville, qui se sont vu édité-e-s par la suite, a été réalisé à cette occasion. C’était donc le moment de leur poser quelques questions et revenir sur leurs expériences respectives.

 

Pour ouvrir le bal – alphabétique, Dominique Chappey, lauréat en 2012 pour sa nouvelle « Terminal Atlantique » publiée dans le recueil « Blonde(s) ».

 

1 – Au moment de votre publication dans le recueil La Noiraude / Noir sur la Ville, où en étiez vous, dans votre activité d’écriture ?
En 2008, le dernier des Dalton était la seconde nouvelle que j’écrivais et le second concours auquel je participais. J’avais gagné un premier concours avec la première nouvelle. En 2012, Terminal atlantique était ma première nouvelle longue et en trois ans j’avais écrit une vingtaine de nouvelles et gagné quelques concours.

2 – Aviez-vous une volonté ferme d’écrire du Noir ? Ou du policier ? Ou peu vous importait alors le genre des nouvelles attendues pour les concours en général ?
J’ai débuté dans des concours de nouvelles noires ou policières un peu par hasard (un prospectus trouvé à la bibliothèque). Cela m’a souri. Comme je suis paresseux, j’ai continué à écrire du noir ou du sombre pour les autres types de concours (avec quelque fois du rigolo de temps en temps pour souffler ou bien les deux mélangés aussi, ça ne fait pas de mal).

3 – Ce concours, comme beaucoup d’autres, est à thème : une contrainte pour vous ?
Le train en 2008, Blonde en 2012. Comme dit l’autre : de la contrainte naît la liberté. Chaque fois, j’ai essayé d’imaginer ce que pouvaient faire les autres auteurs et j’ai tenté de m’en éloigner le plus possible. Pour le premier, il est question de trains mais on ne monte jamais dedans et aucun ne quitte l’atelier de réparation, pour le second, Blonde est un hétéro embarrassé par une poitrine de femme mais la nouvelle parle de tout autre chose, comme souvent avec les contraintes.

4 – Ce concours a-t-il déclenché des envies plus grandes d’écriture chez vous, ou non ?
S’il n’a pas déclenché, il a de façon importante encouragé mes pratiques d’écritures et l’envie de continuer à écrire. (et puis aussi l’envie de revenir à Lamballe, parce que quand même, c’est une expérience hein !)

5 – Avez-vous tout de suite essayé de vous lancer dans un roman … si ce n’était pas déjà le cas auparavant…
L’écriture de nouvelle convenait bien au temps que je voulais/pouvais consacrer à l’écriture. Pour le pur débutant que j’étais, cela a été une très bonne école. J’ai pratiqué l’écriture de nouvelles et les concours d’écriture pendant quatre ans avant de me lancer dans l’écriture de roman. Ce qui me demande beaucoup plus de temps et d’énergie. Conséquence : abandon des concours d’écriture.

6 – Continuez-vous à écrire des nouvelles ? Pourquoi ou pourquoi pas (ah ah!)
J’en écris encore mais à un rythme beaucoup moins soutenu. Quelque fois pour des commandes, quelque fois pour répondre à une inspiration, toujours comme une récréation parce que le plaisir d’écriture est différent par rapport au roman et qu’on ne finit jamais d’apprendre.

Dominique Chappey - J'avais la croix

 

Depuis la publication de « Blonde(s) », Dominique Chappey a publié « J’avais la croix », édition Baleine, 2014 – (Collection Le Poulpe n° 286).

 

Prochaine parole de lauréate => Anne-Céline Dartevel

 

Justine Richecoeur et Manuel Le Bars pour La Noiraude





C’est parti pour le 19e concours de nouvelles noires et policières La Noiraude / La Fureur du Noir !

20 07 2017

Une silhouette plus ou moins floue, la tête rentrée dans les épaules, qui semble fuir quelque chose… Qui sort d’un passage encombré, semé de déchets…

D’où vient-elle ? Où va-t-elle ?

Quelle histoire a-t-elle quittée ? Pour marcher vers quel autre destin ?

Au bout de la rue encombrée que va-t-elle trouver, découvrir ? Un autre drame ? Ou bien enfin la vérité et la sérénité…

En réalité, tout semble bien mystérieux dans cette photo. Et ce rectangle lumineux et incongru sur le sol, quel abîme suggère-t-il ?

 

 

Toutes et tous à vos claviers ! A vous de nous écrire une nouvelle polar, inspirée par cette photo… et de peut-être faire partie de notre recueil «Noir sur la Ville / La Noiraude ».

Vous avez tout ce qui reste de cet été … et même tout le reste de l’année : les textes sont à envoyer avant le 30 décembre 2017.

Le règlement complet et son bulletin de participation (obligatoire !) est à télécharger ici.

Frédéric, Denis et Manuel pour la Noiraude

Photo concours : Véro Hummel





Deux nouvelles pour le prix d’une !

11 05 2017

Aujourd’hui ce n’est pas une, mais deux, bonnes nouvelles que nous vous annonçons !
En premier lieu le concours de nouvelles La Noiraude / Noir sur la Ville, dont la consigne d’écriture était  d’intégrer les 5 mots AIGRETTE – BIBLIOTHECAIRE – BUCHE – CAMION – POLAROID, voit sa première étape achevéeLe pré-jury a rendu son verdict et ce sont onze textes, sur les soixante dix-huit arrivés, qui vont maintenant devoir convaincre le jury final.

Les titres des nouvelles sont : Corps de texte – Cuisine et Bricolage – Comédie humaine en 3 actes – Du Noir à St Méloir – La Clé – Une vie rêvée – Echec et mat ! – Photo de groupe en noir et rouge – Luronne cinquantaine, belle comme un camion – L’Invitée – Pas d’ADN

Les meilleures seront publiées dans le recueil à paraître aux éditions de La Gidouille en novembre 2017 aux côtés de Cloé Mehdi, Fabienne Juhel et Sébastien Gendron.

 

Ce dernier nous emmène vers la deuxième nouvelle de cet article, la soirée Bière Littéraire de la Noiraude. En effet, Sébastien Gendron sera l’invité de cette nouvelle édition, mardi 27 juin 2017 à partir de 20h30, à la médiathèque de l’Ic, à Pordic. Ce qui n’est pas sans faire très chaud au coeur de votre servante. L’homme, charmant, drôle et toutes sortes de choses,  viendra entre autres, nous expliquer comment il compte faire pour qu’on ne confonde pas son dernier roman « Révolution », avec un autre ouvrage du même titre, publié après le sien, par un auteur à peine plus célèbre que lui. 

Nous vous en dirons plus très prochainement mais vous pouvez d’ores et déjà réserver votre soirée  si vous souhaitez faire connaissance avec ce visionnaire !

Manuel, pour la Noiraude





Le Poulpe court toujours ! – Collectif

14 11 2016

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Vingt ans que Gabriel Lecouvreur parcourt la France et le monde de sa démarche octopussienne. Vingt ans qu’il témoigne des travers de notre société trop bien huilée pour être belle ! Depuis « La petite écuyère a cafté » de Jean-Bernard Pouy à « Arrête tes six magrets » de Benoît Sévérac, ce sont plus de deux cents témoignages sur fond d’enquêtes que le héros le plus libertaire de la littérature noire et policière nous a donné à contempler au travers de son prisme.
Pour lui rendre hommage, mais aussi perpétuer la tradition, la Noiraude et La Fureur du Noir ont décidé l’année dernière de le soumettre à la plume des postulants au concours de nouvelles qu’ils organisent. C’est à l’aube du festival « Noir sur la Ville », qui ouvre ses portes vendredi 18 novembre, qu’arrive dans nos murs à grands pas le tout beau tout chaud recueil de ce seizième concours.

Outre les quatre lauréats, cinq auteurs pros se sont prêtés au jeu en faisant vivre encore un peu ce Poulpe que nombre de lecteurs affectionnent depuis toutes ces années ! On retrouve, comme une évidence, le père créateur du héros, Jean-Bernard Pouy qui nous offre un truculent « Je hais le Poulpe » dans lequel il règle savamment ses comptes avec son bébé de désamour.
Non contents de compter « Papa Poulpe » dans ce recueil (il déteste qu’on le surnomme de la sorte mais cela nous amuse…), Miles Hyman nous fait l’honneur de la couverture, et à l’ancienne s’il vous plaît, avec un superbe dessin dans la veine de la collection à ses débuts !
À savoir que ce recueil n’est tiré qu’à 1250 exemplaires et qu’il ne sera pas disponible dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Vous pourrez vous le procurer et rencontrer les auteurs le samedi 19 et dimanche 20 novembre à l’occasion du festival.

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Alors, faites comme le Poulpe, ne vous arrêtez pas de courir et venez à notre rencontre !

 

Le Poulpe court toujours – Baleine, 2016 – 158 p.
Dans les rayons de la Noiraude depuis le 14 novembre 2016





Le 18ème concours de nouvelles La Noiraude / Noir sur la Ville est lancé !

21 07 2016

concours-AffichetteLes fidèles de Noir sur la Ville commençaient à s’inquiéter, les habitués de la Noiraude s’interrogeaient et les candidats malheureux des dix-sept éditions précédentes angoissaient : mais alors ? Y a pas de concours cette année ? C’est tout de même les 20 ans de la Fureur du Noir et même ceux de la médiathèque de Pordic !

No panic ! (en Français : Pas de panique) (en Portugais : No Panico… hum)

Déjà, Noir sur la Ville a annoncé le concours sur son site et – scoop ! – nous confirmons qu’il s’agit bien cette année d’écrire une nouvelle, noire ou policière, en y incluant les mots suivants :

AIGRETTE – BIBLIOTHECAIRE – BÛCHE – CAMION – POLAROÏD

La nouvelle doit comporter entre 3 et 10 pages et nous parvenir avant le 31 décembre 2016. Tout les détails du règlement dans la  plaquette du 18e concours

Et qu’est-ce qu’on gagne ? A être connu… car, comme chaque année, les meilleurs textes seront publiés, avec des auteurs de renom du polar. Nous vous dirons qui sont ces auteur-e-s dans quelques semaines.

Mais la vraie nouveauté de ce concours est la publication chez un nouvel éditeur pour nous : La Gidouille. Installés en Côtes d’Armor depuis 3 ans, les intrépides patrons de la maison, Yves et Eric, ont déjà un catalogue qui vaut le détour, et côté polar, ils ont repris récemment les aventures de Léo Tanguy, et en ont publié à ce jour cinq nouveaux épisodes. Nous avons d’ailleurs profité de leur passage au Café du Dimanche, à St Brieuc, début juillet, pour immortaliser la rencontre au sommet Noiraude / Fureur du Noir / La Gidouille :

Noiraude-Fureur-Gidouille Café du dimanche - 4 juillet

Denis Fureur – Yves Gidouille – Fred Noiraude – Eric Gidouille

Bon, assez causé : à vous d’écrire, maintenant ! Vous avez 162 jours. 161. 160…

Commencez donc maintenant.

Frédéric pour la Noiraude