Parole de lauréat(e)s – 2 – Anne-Céline Dartevel

6 02 2018

 

La Noiraude a été invitée à participer au dossier « La nouvelle française : même pas morte ! » du numéro 129 de la revue « 813 ». Un « tableau d’honneur » d’ex lauréat-e-s du concours co-organisé avec Noir sur la Ville, qui se sont vu édité-e-s par la suite, a été réalisé à cette occasion. C’était donc le moment de leur poser quelques questions et revenir sur leurs expériences respectives.

 

Après Dominique Chappey, voici les réponses d’Anne-Céline Dartevel, lauréate en 2012 pour sa nouvelle « Suicide blonde » publiée dans le recueil « Blonde(s) ».

 

1 – Au moment de votre publication dans le recueil La Noiraude / Noir sur la Ville, où en étiez vous, dans votre activité d’écriture ?
Chère Noiraude, au moment de la publication de Blonde(s) en novembre 2012, je venais de rater de peu le Goncourt de la nouvelle… je participais à des concours de nouvelles depuis environ deux ans. Une de mes nouvelles avait été plébiscitée distinguée l’année d’avant dans un autre concours, celui des Noires de Pau (auquel, soit dit en passant, le copain Chappey avait également participé avec – of course ! – le succès que l’on devine) et j’avais à ce titre été invitée au festival un « Aller Retour dans le noir ». C’était une période plutôt faste côté écriture (merci à la CAF et son congé parental d’éducation !) et je concourrais à tout va.

[Concernant le festival susnommé, il n’est certes pas aussi sensationnel – époustouflant me suggère le Crisco – que « Lamballe », moins doté côté crêpes, je le reconnais… Sauf que les crêpes, c’est tout plein de beurre et puis, n’en déplaise aux copains bretons : le Sud-Ouest à l’automne est quand même un tantinet plus ensoleillé !].

2 – Aviez-vous une volonté ferme d’écrire du Noir ? Ou du policier ? Ou peu vous importait alors le genre des nouvelles attendues pour les concours en général ?
Au départ… non (concernant le choix du Noir), et le premier concours de nouvelles auquel je me suis frottée avait trait au cinéma. Un geste en entraînant un autre et grâce au site – aujourd’hui défunt, paix à son âme – Bonnes nouvelles.com, j’ai découvert – tout ébaubie ! – qu’il y a avait pléthore de concours de textes courts dans notre beau pays, dont un certain nombre dédié au genre Noir (ou policier). J’ajoute que le « plus » des concours de nouvelles « noires » c’est qu’ils s’accompagnent souvent d’une invitation à un festival… sous réserve, évidemment, de faire partie des heureux élus !
Comme mes textes semblaient remporter un certain succès dans ce type de concours (et moins dans les autres, un soupçon d’honnêteté m’impose de le reconnaître), j’ai fini par donner l’exclusive et l’avantage aux concours de nouvelles noires (ou policières).
Chemin faisant, je me suis même mise à lire du Noir et, encore plus dingue … des nouvelles !

3 – Ce concours, comme beaucoup d’autres, est à thème : une contrainte pour vous ?
Oui, c’était une contrainte… et c’était justement extra d’en avoir des contraintes, qu’elles soient liées au thème, au nombre de caractères, à une date butoir…
Écrire à partir d’un thème imposé, c’est ce qui fait justement tout le sel des concours de nouvelles. Ça fait partie du jeu. (Je ne sais pas si l’écriture « en général » est ludique mais celle des textes courts l’est assurément). « Noir comme gourmandise », « Blonde », « Derrière la porte », « Silence on tourne », « Quand la ville dort »… autant de mots et de phrases qui titillent, dopent, aiguisent l’imagination ! Bref, tu l’auras compris Noiraude, la contrainte est un moteur.

[Aparté : j’avoue qu’à un moment j’ai même eu peur de ne pas être capable d’écrire, de ne pas trouver l’inspiration sans thème imposé.]

4 – Ce concours a-t-il déclenché des envies plus grandes d’écriture chez vous, ou non ?
Oui, je le confesse.
Même que, aveu n°2, j’avais particulièrement à cœur de « remporter » Noir sur la ville (dit comme ça, on dirait un pur-sang qatari qui cause concours hippique) parce que parmi les lauréats précédents figuraient Magali Duru, Emmanuelle Urien, Françoise Guérin… passées entre temps du côté des « pro » !

[Et c’est aussi à Lamballe qu’un certain Marc V. m’a lancé, taquin : – « tu ne vas quand même pas faire des concours de nouvelles toute ta vie !? »].

5 – Avez-vous tout de suite essayé de vous lancer dans un roman … si ce n’était pas déjà le cas auparavant…
Je suis pour ma part passée de la nouvelle à la novella, ça faisait une distance moins longue à franchir… Lorsque Marc Villard m’a parlé de la collection Polaroid qu’il avait créée chez In8 et de la possibilité d’y éditer un de mes textes (et c’était, ô heureux hasards de la vie, quelques mois à peine après la session 2012 de Noir sur la Ville), le nombre de signes attendu (autour des 80 000 ) me paraissait très très loin de portée. Passer du format de la nouvelle à celui de la novella, ce n’était pas gagné d’avance et d’ailleurs… ce n’était pas gagné d’avance.

6 – Continuez-vous à écrire des nouvelles ? Pourquoi ou pourquoi pas (ah ah!)
Yes, I do. Parce qu’il y a, je le répète, un côté ludique dans l’écriture de nouvelles… et aussi parce que ça va plus vite ! [… dit la mère de famille débordée et légèrement tendue du string].
Une nouvelle peut partir d’un mot, d’une photo, d’une chanson… On n’a pas / moins besoin de se « prendre la tête » pour des questions de construction, scénario, cohérence… On peut « juste » jouer avec les mots, relire, réécrire son texte cent fois sans y passer cinq ans.
Et justement, quand on a peu de temps pour écrire (manque de temps associé, avouons-le tout de go, à une certaine lenteur au démarrage) et qu’il y a des plages parfois très longues entre deux phases d’écriture (ce qui ne veut pas forcément dire qu’on est allés à la plage, hein…), il peut s’avérer compliqué, laborieux, fatiguant, peu amusant, voire pas très aboutissant… d’écrire du « long ».

[Ajoutons que la rédaction de listes de courses aux dos d’enveloppes usagées et / ou sur des post-it colorés est actuellement un genre où j’excelle. Ecriture du présent, écriture éphémère… en un mot : résolument moderne !].

 

Anne-Céline Dartevel - Pop fiction

 

Depuis la publication de « Blonde(s) », Anne-Céline Dartevel a publié « Pop fiction », édition In-8, 2016 – (Collection Polaroid).

 

Prochaine parole de lauréate => Annick Demouzon

Justine Richecoeur pour La Noiraude

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2 responses

7 02 2018
Ma parole ! | QUEL UNIVERS ?

[…] les autres paroles à venir. La noiraude a le mufle fin, du beau monde […]

7 02 2018
Annick Demouzon

Anne-Cécile, super, tes réponses. En bien des points je m’y retrouve. Elles auraient pu être les miennes. Sans parler de la région d’origine… le plus drôle et étonnant c’est que je ne te connais pas et n’ai pas non plus entendu parler de toi. Nous n’avons pas dû « sévir » à la même période…

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