Parole de lauréat(e)s – 6 – Gaëlle Pingault

3 03 2018

La Noiraude a été invitée à participer au dossier « La nouvelle française : même pas morte ! » du numéro 129 de la revue « 813 ». Un « tableau d’honneur » d’ex lauréat-e-s du concours co-organisé avec Noir sur la Ville, qui se sont vu édité-e-s par la suite, a été réalisé à cette occasion. C’était donc le moment de leur poser quelques questions et revenir sur leurs expériences respectives.

 

Après Perrine Le Querrec, voici les réponses de Gaëlle Pingault, lauréate en 2003 pour sa nouvelle « Tu ne te fieras pas aux apparences » publiée dans le recueil « Le 11ème Commandement ».

 

1 – Au moment de votre publication dans le recueil La Noiraude / Noir sur la Ville, où en étiez vous, dans votre activité d’écriture ?
C’était en plein dans ma période « concours », en effet. J’en faisais régulièrement, depuis déjà quelques années, et globalement, ahem, je les perdais. Et puis une fois de temps en temps, il advenait une sélection ou un joli prix. Ma publication dans le « onzième commandement » est l’un des plus jolis prix jamais reçus (et je ne le dis même pas pour faire genre, c’est juste parce que c’est vrai. Je garde un souvenir incroyablement joyeux et festif de tout ça).

2 – Aviez-vous une volonté ferme d’écrire du Noir ? Ou du policier ? Ou peu vous importait alors le genre des nouvelles attendues pour les concours en général ?
J’avais la ferme volonté de m’amuser, voilà le fin mot de l’histoire (qui n’a d’ailleurs pas tellement changé, un paquet d’années plus tard). Donc ce n’est pas que « peu m’importait » le genre des nouvelles attendues pour les concours, c’est que j’aimais passer d’un genre à l’autre en fonction des exigences, des sujets, et de mon humeur. Le noir faisait partie de ce terrain de jeu. Changer de niveau de langue, de style, de genre, voir si j’y arriverais…

3 – Ce concours, comme beaucoup d’autres, est à thème : une contrainte pour vous ?
Oui, c’en était une. Et comme chacun sait que la contrainte est créatrice, c’était donc une bonne chose (et toc) !

4 – Ce concours a-t-il déclenché des envies plus grandes d’écriture chez vous, ou non ?
Je suis du genre diesel, comme fille. Je suis lente. Les « plus grandes envies » je les avais déjà avant, et elles ont continué à grandir encore après. Mais il m’a fallu du temps pour me dire qu’il fallait peut-être que je leur laisse une place/une chance, plutôt que de finir bien vieille, au soir à la chandelle, en ayant des regrets (surtout que je ne suis pas fan-fan de Ronsard, en fait). Le onzième commandement, c’était en 2003. Mon premier recueil publié, c’était en 2008. Bon, 5 ans, c’est pas si terrible non plus, à l’échelle temporelle de l’édition…

5 – Avez-vous tout de suite essayé de vous lancer dans un roman … si ce n’était pas déjà le cas auparavant…
Non. J’ai continué sur le genre « nouvelles », parce que je l’aime et qu’il correspondait clairement à ma « foulée » à ce moment-là (moment qui a d’ailleurs duré). Mon premier roman est paru en ce mois de septembre 2017, c’est dire si j’ai mis un peu de temps à aborder le format « long ». Et ce n’est pas parce que je me suis risquée à écrire un roman que je n’écrirai plus de nouvelles.

6 – Continuez-vous à écrire des nouvelles ? Pourquoi ou pourquoi pas (ah ah!)
Farpaitement ! (4 recueils parus chez Quadrature, entre 2008 et 2017, et diverses participations à des collectifs, je crois qu’on peut dire que j’ai continué… !). Pourquoi ? Parce que j’aime ça et que je suis une sale gosse qui fait-fait-fait c’qui lui plait-plait-plait. Et parce que vraiment, j’adore le travail de funambule de la nouvelle : dire et ne pas dire, en même temps, au juste dosage… J’adore chercher cette harmonie en écriture.

Et vous pouvez rajouter ce que vous voulez pour votre défense…
Merci à tous pour cette aventure un peu folle, je garde un souvenir assez joyeusement fou de la bière littéraire d’annonce des résultats, avec Thierry Crifo et Christophe Mager, ainsi que du festival. Presque 15 ans après, ça reste un souvenir vivant, riant, motivant, pétillant et autres trucs sympas en –ant (donc pas « chiant »).

Gaëlle Pingault - On n'est jamais préparé à ça

 

Depuis la publication de « Le 11ème Commandement », Gaëlle Pingault a publié « On n’est jamais préparé à ça », édition Quadrature, 2008 ainsi que « Il n’y a pas d’internet au paradis », édition du Jasmin, 2017 – (Collection Jasmin littérature).

 

Prochaine parole de lauréat => Serge Reynaud

Justine Richecoeur pour La Noiraude


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